De la grande visite au Centre Bell

Filed Under (Hockey) by Jean-Philippe on 22-10-2006

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En regardant le calendrier des matchs du Canadien cette saison, nous avions tous encerclé la date du 21 octobre 2006. Nous savions que ce match allait être un grand événement pour l’équipe et les partisans du tricolore.

José Théodore et Patrice Brisebois faisaient leur premier retour sur la glace du Centre Bell, depuis qu’ils ont été échangés à l’équipe du Colorado. Pas besoin de donner beaucoup d’explications pour se rendre compte que le match allait être particulièrement émotif et médiatisé.



Théodore et “Breeze” abondamment hués par les partisans du Centre Bell
Photo : La Presse

Que cela soit dans les journaux ou à la télévision, on guettait l’arrivée de Théo à Montréal, puis son premier entraînement… puis enfin le match tant attendu !

Du côté des deux équipes, tant des joueurs que des entraîneurs, on s’efforçait de dédramatiser et de faire diminuer la pression sur eux. Les équipes ayant déjà assez de travail de préparation à faire pour le match, qu’elles n’avaient pas nécessairement besoin de se laisser distraire, par l’attraction particulière qu’exerçait la rencontre, sur les médias et les partisans.

Guy Carbonneau avouera cependant après le match, que la rencontre avait été très émotive dans les rangs du Canadien. L’entraîneur-chef a même pensé, un moment, que l’histoire se répétait lorsqu’Aebischer a laissé passer trois buts en une minute et quinze secondes. Carbo faisant référence au retour de Patrick Roy à Montréal en 1997, après son échange au Colorado (encore eux !), qui s’est soldé par une défaite crève-cœur 7-3, après avoir fait chasser le gardien Jocelyn Thibault, le même qui avait remplacé Roy à Montréal…

Une chance pour Guy Carbonneau, l’histoire ne bégayera pas cette fois. José Théodore n’étant pas Patrick Roy, et l’équipe montréalaise de 2006 n’ayant plus grand chose à voir avec celle de 1997.

José Théodore connu un match ordinaire, laissant passer, pour la première fois de sa carrière, huit buts en un seul match !

Même si José Théodore n’est pas le seul à blâmer, il importait pour lui de rester fort et intraitable, alors que son équipe venait de se donner une avance confortable de 3 à 0 durant la première période. Le numéro 60 de l’Avalanche se devait d’effectuer les arrêts clefs, ce qui ne fût pas le cas, surtout en troisième où Théo pris cinq buts en seulement quatorze lancés !

L’intensité exceptionnelle de Joe Sakic, mais aussi d’Andrew Brunette, ne suffirent pas à aider la cause de l’Avalanche, face à une équipe montréalaise qui s’était regroupé en deuxième et, surtout, en troisième période. Le Canadien montre qu’il a beaucoup de caractère cette saison, et la détermination de son capitaine, Saku Koïvu, doit en être pour quelque chose.

Du côté du Canadien d’ailleurs, même s’il y a toujours de gros problème en défensive, on peut tout de même dire que les trios offensifs font le travail. L’attaque massive à cinq fût d’ailleurs exceptionnelle avec quatre buts marqués en seulement huit occasions ! Oui ! Vous avez bien lu, une moyenne de 50% d’efficacité pour ce match… le Canadien est méconnaissable par rapport à la saison dernière sur cette phase de jeu.



Higgins poussant la rondelle dans le filet de Théodore, redonnant l’avance au Canadien
Photo : La Presse

Même si Sheldon Souray a de gros problème en défense, il demeure une arme incroyable en avantage numérique depuis la ligne bleue, marquant deux buts et obtenant deux aides durant ce match… tout en ayant, cependant, un différentiel de -1.

Du côté de David Aebischer, on a eu très peur ! En laissant passer trois buts en un peu plus d’une minute seulement, je pense que nous étions plusieurs à nous demander, si le gardien Suisse n’était pas en train de s’effondrer sous la pression. Pourtant, les projecteurs s’étaient naturellement dirigés sur Théodore et “Breeze” avant le match, plus que sur le gardien du Canadien, même si, lui aussi, rencontrait pour la première fois son ancienne équipe.

Cependant, Aebischer repris confiance, et permis de garder son équipe dans le match, surtout en infériorité numérique. Ce ne fût pas un match exceptionnel pour Aebischer, mais il a su effectuer les bons arrêts, aux bons moments, contrairement à son vis-à-vis Théodore.

Il y a eu de bien belles choses lors de ce match. De bonnes mises en échec de la part de Guillaume Latendresse, de bonnes présences de Radek Bonk, même s’il n’a obtenu qu’une aide, Souray étincelant en attaque, comme j’ai eu l’occasion de le mentionner, Chris Higgins toujours aussi talentueux avec la rondelle… en fait, la plupart des attaquants du Canadien ont contribué à la remonté de leur équipe et à cette belle victoire 5-8, alors que le début de match n’avait vraiment pas été celui espéré.

Il est évident que le match de lundi contre les Sabres de Buffalo sera une toute autre histoire et que le Canadien devra faire beaucoup mieux en défense pour battre la seule équipe encore invaincue cette saison.

Cependant, les Sabres devront tout de même se méfier du Canadien. L’équipe de Guy Carbonneau fût en effet la seule, pour le moment, à lui avoir donner autant de fil à retordre cette saison, devant aller jusqu’en fusillade pour obtenir la victoire.

Ton univers impitoyable

Filed Under (Hockey) by Jean-Philippe on 03-10-2006

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“Le trio à Théo” est maintenant totalement démantelé. Certes, ce n’est certainement pas la seule explication à l’échange du numéro 71, mais je pense sérieusement que Mike Ribeiro était le dernier perturbateur dont la nouvelle équipe n’avait définitivement pas besoin.


Remise en contexte

L’an passé, les débuts du Canadien sont étincelants. L’équipe se permettant même de trôner au sommet de l’association de l’Est puis, ensuite, de chauffer les Sénateurs d’Ottawa. Ça se passe bien… sur la glace.

Dans la chambre des joueurs, un clan de fortes têtes prend de plus en plus d’espace. Il s’agit de Dagenais et de Ribeiro, de très grands chums, rejoins par Théodore, le gardien préféré de tous les partisans. Jusqu’au mois de novembre 2005, personne ne s’inquiétait de ce trio de joyeux fêtards.

Par contre, l’on pouvait déjà noter quelques divergences entre le trio à Théo et l’entraîneur-chef de l’époque, Claude Julien, qui commençaient sérieusement à peser sur l’ambiance dans l’équipe.

Claude Julien reprochait à Dagenais et Ribeiro leur manque d’éthique de travail. En effet, les deux attaquants du Canadiens se présentaient aux séances d’entraînement quand ça leur plaisaient, et avaient un niveau de jeu en dent de scie durant les matchs. Lorsque les victoires sont là, ça peut encore passer… lorsque les défaites s’enchaînent, c’est une toute autre histoire !

Le premier à écoper fût Pierre Dagenais. Après avoir passé quelques matchs dans les estrades, Dagenais fût cédé au club école du Canadien d’Hamilton. Insulte supplémentaire pour lui : aucun club ne le réclama au ballottage !

La messe était dite et Claude Julien devait secouer son équipe qui ne performait plus autant qu’en début de saison.

Mais voilà que celui sur lequel on mettait tant d’espoirs… s’effondra. José Théodore n’était plus que l’ombre de lui-même. Là aussi, personne ne s’inquiétait trop de ses performances en début de saison : la défense et l’attaque du Canadien était en béton armé… mais alors que les résultats de l’équipe montréalaise s’effondrèrent à partir de novembre, “Théo” n’était plus là pour sauver les apparences… et les matchs !

Celui qui était considéré comme l’un des meilleurs gardiens de la ligue nationale ne répondait plus à l’appel et ressemblait de plus en plus à une passoire de 5 millions de dollars !

Pourtant, Claude Julien lui laissera une chance et même plusieurs chances… mais rien n’y fait. José s’effondre, et même s’il maintien devant les journalistes que l’arrestation de son père, usurier notoire et de son beau-père qui est nulle autre que Guy Cloutier, ne l’affecte guère, on est en droit de penser que cela ne devait pas l’aider dans sa concentration.

Mais il n’y a pas que cela. Théo et Ribeiro étaient parfois plus présents dans les clubs branchés de Montréal, que lors des entraînements du Canadien. Ce sont des choses que l’on pardonne à des joueurs de ligues mineures (et encore !), mais pas à des joueurs payés plusieurs millions et qui ne font plus d’efforts dans ce pourquoi on les paie.

Julien n’en peut plus… Gainey ne semble pas mesurer l’étendue des dégâts et pense que Claude Julien reste trop gentil avec ses joueurs. Ce qui est peut-être vrai aussi…

Là, on a l’impression désagréable que Ribeiro veut faire payer à Julien la rétrogradation de son chum Dagenais. La situation devient intenable et Claude Julien est congédié en janvier 2006.

Bob Gainey, ancien joueur du Canadien, directeur-général du club, prend lui même les rênes de son équipe. Mais tout comme Julien, il arrive aux mêmes conclusions : il y a vraiment un problème avec Théodore… et il met toute son énergie à trouver une solution.

Gainey qui ne comprenait pas toujours que Julien préférait faire jouer Huet, alors que son joueur étoile payé 5 millions, servait juste à chauffer le banc pendant les matchs. Finalement, après quelques semaines, Gainey laissera à Cristobal le soin de poursuivre sur sa lancée, persuadé alors qu’il devenait le seul maigre espoir au Canadien de faire les séries.

Après le drame théâtral de sa fameuse blessure au talon, Théodore fût échangé à l’Avalanche du Colorado en retour de David Aebischer.

Même si Théodore était devenu la risée du public, ce fût un choc dans la métropole. Celui qui était sur presque tous les chandails, sur toutes les affiches, sur toutes les annonces du Canadien quittait l’équipe, tel un souverain déchu.

Restait le troisième du trio infernal, Mike Ribeiro.

Ribeiro a du talent. C’est un bon joueur qui a un sacré potentiel sur la glace. Le problème, c’est que pour arriver à briller sur la glace, il faut que ça lui tente… et ça n’a pas l’air de lui tenter souvent depuis quelques mois.

Ribeiro a eu la peau de Claude Julien, mais l’histoire est différente avec Gainey puis Carbonneau dans le décor. Le numéro 71 du Canadien ne peut plus vraiment jouer les fortes têtes alors que celui qui signe ses chèques est derrière le banc, remplacé cette année par Carbonneau, un ancien capitaine du Canadien, dernier vainqueur de la coupe Stanley… Carbo connaît très bien l’organisation du Canadien et n’est pas homme à se laisser faire par le “frais-chier” de service, alors qu’il traîne la patte sur la glace.

Il y avait des rumeurs de transaction cette été au sujet de Ribeiro, mais, tout comme lui, nous pensions que Carbo allait le laisser jouer en début de saison, histoire de lui donner une ultime chance… apparemment, il en fallait plus que ça et les jeunes recrues ont suffisamment rassurés Carbo et Gainey pour laisser partir le dernier du trio infernal.

De plus, je pense que Carbonneau ne voulait certainement pas voir des jeunes très prometteurs comme Chris Higgins, Tomas Plekanec et Guillaume Latendresse, se faire entraîner par Ribeiro sur la pente descendante. Alors on tire la flush et on repart sur de nouvelles bases.

Maintenant, il s’agira juste de réveiller nos Russes (Kovalev et Samsonov), qui se font parfois attendre au niveau des performances. Mais je ne m’inquiète pas trop… Kovalev a besoin de sentir une équipe forte à ses côtés pour lui donner des ailes et je pense que l’équipe de cette année est meilleure que celle de l’an passé.

Finalement, contrairement à ce que l’on pouvait croire, il y en a eu des changements chez le Canadien depuis la fin de la saison dernière ! Zednick, Bullis, Sundstrom, Ribeiro maintenant partis… Samsonov, Niinimaa, Johnson, Latendresse qui font leur entrée…

En attendant, Ribeiro va devoir se faire à la ville de Dallas et à son univers, comme vous le savez, impitoyable !